Prévoyance : le risque le plus probable n'est pas le décès

Une bonne prévoyance ne se juge pas sur le capital décès. C'est l'arrêt de travail long, puis l'invalidité, qui font chuter les revenus pendant des mois ou des années, et ce sont eux que le régime obligatoire couvre le moins bien, surtout pour un indépendant.

L'essentiel en 30 secondes

  • La prévoyance couvre quatre risques : l'arrêt de travail, l'invalidité, le décès et la dépendance. Le premier est le plus fréquent, le deuxième le plus lourd, le troisième le plus anticipé.
  • Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité journalière de la Sécurité sociale est plafonnée à 65,84 € par jour en 2026, après trois jours de carence. Pour beaucoup, cela représente moins de la moitié du revenu habituel.
  • Ce qui compte, c'est la définition de l'invalidité inscrite au contrat. Invalidité appréciée par rapport à votre métier ou à n'importe quelle activité : le même sinistre est indemnisé ou non selon cette seule ligne.
  • Les cotisations sont déductibles pour un travailleur non salarié, dans la limite de 3,75 % du revenu professionnel majorés de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans dépasser 11 534 € en 2026.
Le vrai sujet

Ce que le régime obligatoire verse vraiment

Presque tout le monde surestime sa couverture. Le calcul se fait en dix minutes, et il change la conversation.

Les quatre risques et ce qui reste à votre charge
Le risqueCe que verse le régime obligatoireCe qui manque
Arrêt de travailIndemnités journalières plafonnées, après un délai de carenceLa différence avec le revenu habituel, dès le premier mois
InvaliditéUne pension calculée sur des revenus moyens, souvent très inférieureUn complément de rente, parfois pendant vingt ans ou plus
DécèsUn capital forfaitaire modeste, une pension de réversion sous conditionsLe capital et les rentes qui permettent à la famille de tenir
DépendanceUne aide départementale sous conditions de ressourcesL'essentiel du coût d'un hébergement ou d'une aide à domicile

Les montants exacts dépendent de votre statut et de votre caisse. Vérifier vos droits sur le site de l'Assurance Maladie.

Le chiffre qui fait basculer les rendez-vous

Un artisan qui déclare 60 000 € de revenu annuel

  • Soit environ 5 000 € par mois de revenu habituel.
  • Indemnité journalière plafonnée à 65,84 € en 2026, versée à partir du quatrième jour d'arrêt.
  • Soit environ 1 975 € pour un mois complet d'arrêt.

Il manque environ 3 000 € par mois, dès le premier mois.

Les charges du foyer, elles, ne baissent pas : mensualité de prêt, écoles, alimentation. Et les charges de l'entreprise continuent parfois de courir. C'est ce calcul, fait sur votre situation réelle, qui détermine le montant à garantir : la prévoyance ne se dimensionne pas au budget disponible, elle se dimensionne au manque.

L'invalidité, la ligne du contrat qui décide de tout

Deux contrats peuvent afficher la même rente et ne pas couvrir la même chose. Tout dépend de la façon dont l'invalidité est appréciée. Dans un contrat qui retient l'incapacité par rapport à votre profession, un chirurgien-dentiste qui perd l'usage d'une main est indemnisé. Dans un contrat qui retient l'incapacité à exercer une quelconque activité, il ne l'est pas, puisqu'il peut encore travailler ailleurs. La seconde formule coûte moins cher, évidemment. Ajoutez à cela le barème utilisé, croisant l'atteinte fonctionnelle et l'atteinte professionnelle, le seuil de déclenchement, souvent 33 % ou 66 %, et les exclusions : affections dorsales et psychiques sont fréquemment écartées, alors qu'elles représentent une part majeure des arrêts longs.

Le décès, et la clause bénéficiaire qu'on ne relit jamais

Un contrat de prévoyance décès verse un capital, et souvent des rentes : rente de conjoint, rente éducation pour les enfants jusqu'à la fin de leurs études. Le point sur lequel nous revenons systématiquement, c'est la clause bénéficiaire. Elle est rédigée une fois, à la souscription, souvent par défaut, et plus jamais relue. Un divorce, un remariage, une naissance, une famille recomposée : chacun de ces événements peut faire que le capital n'ira pas où vous le pensez. C'est aussi elle qui détermine la fiscalité pour celui qui reçoit.

La déduction Madelin, et son piège

Un travailleur non salarié déduit ses cotisations de prévoyance de son revenu imposable, dans la limite de 3,75 % du revenu professionnel majorés de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans pouvoir dépasser 3 % de huit fois ce plafond, soit 11 534 € en 2026. L'avantage est réel, mais il a une contrepartie qu'on oublie de dire : les prestations versées sont alors imposables. Une rente d'invalidité de 2 000 € par mois issue d'un contrat déduit ne laisse pas 2 000 € nets. Il faut donc raisonner sur la rente nette d'impôt, et dimensionner en conséquence.

La mutuelle santé, un sujet voisin mais distinct

La prévoyance remplace un revenu, la mutuelle rembourse des soins. Les deux se traitent souvent ensemble parce qu'elles se souscrivent au même moment, mais elles ne répondent pas au même besoin. Sur la mutuelle, les postes qui font vraiment la différence sont l'hospitalisation, notamment les dépassements d'honoraires et la chambre particulière, l'optique, le dentaire et les médecines douces. Un salarié bénéficie du contrat collectif de son entreprise, obligatoire et cofinancé : la question porte alors surtout sur la couverture du conjoint et des enfants.

Ce que nous voyons en rendez-vous

Quatre erreurs classiques

Assurer le décès et négliger l'invalidité

Le décès est le risque qu'on redoute, l'invalidité celui qu'on subit le plus longtemps. Une invalidité à 45 ans, c'est vingt ans de revenus amputés.

Choisir le contrat sur la cotisation

La définition de l'invalidité, la franchise et les exclusions décident du versement. Deux contrats au même prix peuvent en pratique couvrir l'un et pas l'autre.

Ne pas relire sa clause bénéficiaire

Rédigée une fois, souvent par défaut, elle survit aux divorces, aux remariages et aux naissances. Le capital finit parfois chez quelqu'un que vous n'auriez plus désigné.

Oublier que la rente déduite sera imposée

La déduction Madelin allège la cotisation aujourd'hui et rend la prestation imposable demain. Le dimensionnement doit se faire sur le net, jamais sur le brut.

Notre rôle

Ce que nous faisons, concrètement

Nous calculons le manque, mois par mois

Ce que verse votre régime, ce que coûte votre foyer, et l'écart entre les deux. C'est ce chiffre qui fixe la garantie, pas un budget décidé à l'avance.

Nous comparons les définitions, pas les prix

Définition de l'invalidité, barème, franchise, exclusions dorsales et psychiques : nous mettons les contrats côte à côte sur ces lignes-là.

Nous rédigeons la clause bénéficiaire avec vous

En cohérence avec votre situation familiale, votre régime matrimonial et le reste de votre organisation patrimoniale. Et nous la relisons quand la vie change.

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Questions fréquentes

Prévoyance, vos questions

À quoi sert un contrat de prévoyance ?
À maintenir vos revenus quand vous ne pouvez plus travailler, et à protéger votre famille si vous disparaissez. Elle complète ce que verse le régime obligatoire, qui est presque toujours très inférieur au revenu habituel. Ce n'est pas un placement : c'est une couverture, et elle se dimensionne sur le manque calculé, pas sur une intuition.
Combien touche un indépendant en arrêt de travail ?
Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité journalière est égale à un 730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. Elle est plafonnée à 65,84 € par jour en 2026, après un délai de carence de trois jours. Les règles diffèrent pour les professions libérales selon leur caisse.
Prévoyance individuelle ou contrat d'entreprise ?
Les deux se cumulent, et c'est souvent la bonne réponse. Le contrat collectif est cofinancé et généralement avantageux, mais il s'arrête quand vous quittez l'entreprise, et ses garanties sont standardisées. Le contrat individuel vous suit et se calibre sur votre situation. Pour un dirigeant, le contrat souscrit par la société apporte en plus un avantage fiscal et social.
Les cotisations sont-elles déductibles ?
Pour un travailleur non salarié, oui : dans la limite de 3,75 % du revenu professionnel majorés de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans dépasser 11 534 € en 2026. Attention à la contrepartie : les prestations versées deviennent alors imposables. Il faut donc dimensionner la rente sur son montant net d'impôt.
Que couvre la garantie invalidité exactement ?
Cela dépend entièrement de la définition inscrite au contrat. Certains apprécient l'invalidité par rapport à votre profession, d'autres par rapport à n'importe quelle activité : la seconde formule coûte moins cher et indemnise beaucoup plus rarement. Vérifiez aussi le seuil de déclenchement et les exclusions, notamment sur les affections dorsales et psychiques, qui représentent une part importante des arrêts longs.
À quel âge faut-il s'en occuper ?
Le plus tôt possible, pour deux raisons. La cotisation dépend de l'âge à la souscription, et surtout l'acceptation dépend de l'état de santé au moment de la demande. Attendre d'avoir un antécédent pour s'assurer, c'est risquer une exclusion précisément sur le risque qui vous concerne. Le bon déclencheur, c'est le premier crédit ou le premier enfant.

Vous êtes chef d'entreprise ? Voir les assurances du dirigeant.

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