Assurance emprunteur : elle se change à tout moment, sans frais

Sur un prêt immobilier, l'assurance emprunteur représente une part importante du coût total. Depuis 2022, vous pouvez en changer quand vous voulez, même dix ans après la signature, à condition que les garanties soient équivalentes.

L'essentiel en 30 secondes

  • Changement possible à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, depuis la loi du 28 février 2022. Cela vaut pour les prêts en cours comme pour les nouveaux.
  • Le seul motif de refus légal est l'équivalence de garanties. La banque retient au maximum onze critères parmi dix-huit, et doit motiver son refus par écrit sous dix jours ouvrés.
  • Plus de questionnaire de santé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur et que le prêt s'achève avant votre 60e anniversaire.
  • Le prix n'est pas le bon critère de départ. Ce qui décide le jour du sinistre, c'est la définition de l'invalidité et la liste des exclusions, pas la cotisation mensuelle.
Le vrai sujet

Ce que couvre vraiment une assurance emprunteur

Les sigles sont opaques, et c'est précisément là que les différences se logent. Voici ce qu'ils recouvrent.

Les garanties d'une assurance de prêt
GarantieCe qu'elle couvreStatut
DécèsLe capital restant dû est remboursé à la banqueToujours exigée
Perte totale et irréversible d'autonomieImpossibilité d'exercer une activité et besoin d'assistance permanenteToujours exigée
Invalidité permanente totaleTaux d'invalidité d'au moins 66 %Exigée sur la résidence principale
Invalidité permanente partielleTaux compris entre 33 % et 66 %, prise en charge proportionnelleSelon les banques
Incapacité temporaire de travailArrêt de travail, avec un délai de franchise le plus souvent de 90 joursExigée sur la résidence principale
Perte d'emploiPrise en charge partielle après un licenciementFacultative, souvent peu utile

La grille de référence des dix-huit critères est fixée par le Comité consultatif du secteur financier. Voir le site du Comité consultatif du secteur financier.

Combien on récupère en changeant en cours de prêt

Un prêt de 250 000 € signé il y a cinq ans, sur 20 ans

  • Contrat de groupe à 0,34 % du capital emprunté : environ 850 € par an.
  • Contrat individuel obtenu à 0,12 % : environ 300 € par an.
  • Économie annuelle : environ 550 €.

Sur les quinze années restantes, plus de 8 000 € récupérés.

Les taux retenus ici sont des ordres de grandeur du marché : ils dépendent de l'âge, de l'état de santé, de la profession et du capital restant dû. Le point à retenir n'est pas le montant mais le principe : plus vous changez tôt, plus le gain est important, puisque la cotisation d'un contrat individuel se calcule sur le capital qui reste à rembourser.

Changer d'assurance emprunteur, la marche à suivre

La procédure est encadrée, et elle tient en cinq temps. D'abord, obtenir une proposition auprès d'une compagnie, avec le questionnaire de santé s'il est encore exigé. Ensuite, vérifier l'équivalence de garanties avec les critères retenus par votre banque, qui figurent dans la fiche standardisée d'information remise à la souscription du prêt. Puis adresser la demande de substitution à la banque, accompagnée du nouveau contrat. La banque dispose alors de dix jours ouvrés pour répondre, et tout refus doit être motivé de façon exhaustive, critère par critère. Enfin, en cas d'accord, un avenant au prêt est établi sans frais, et l'ancien contrat est résilié.

L'équivalence de garanties, seul motif de refus

C'est le point sur lequel un dossier se gagne ou se perd. La banque a sélectionné, au moment du prêt, onze critères au maximum parmi une grille de dix-huit, plus quatre parmi huit si la garantie perte d'emploi est exigée. Le nouveau contrat doit satisfaire ces critères précis, ni plus ni moins. Elle ne peut donc pas refuser au motif que le contrat vient d'un autre assureur, ni exiger des garanties qu'elle n'avait pas demandées à l'origine. Un refus non motivé, ou motivé par un critère absent de la liste initiale, n'est pas recevable : c'est là que l'intervention d'un courtier fait la différence, parce qu'il connaît la grille et répond point par point.

La quotité de votre assurance emprunteur, souvent mal répartie

La quotité, c'est la part du capital couverte pour chaque emprunteur. Le total doit atteindre au moins 100 %, mais il peut monter jusqu'à 200 %. Un couple assuré à 50 % chacun paie moins cher, et c'est le réflexe le plus courant. Mais en cas de décès de l'un, la moitié du prêt seulement est soldée, et le survivant continue de rembourser l'autre moitié, avec un seul revenu. Quand les revenus sont déséquilibrés, la répartition doit refléter cette réalité : couvrir davantage celui dont la disparition mettrait le foyer en difficulté. C'est un arbitrage à faire consciemment, pas une case à cocher.

Le questionnaire de santé, et quand il disparaît

Depuis la loi du 28 février 2022, aucun questionnaire ni examen médical ne peut être exigé si deux conditions sont réunies : la part assurée par emprunteur ne dépasse pas 200 000 €, tous crédits immobiliers confondus, et le remboursement s'achève avant le 60e anniversaire. Pour un couple, cela signifie qu'un prêt de 400 000 € réparti à 50 % reste dans le cadre. La même loi a ramené le droit à l'oubli à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique pour les anciens cancers et l'hépatite C : passé ce délai, la pathologie n'a plus à être déclarée, et elle ne peut entraîner ni surprime ni exclusion.

Ce que nous voyons en rendez-vous

Quatre erreurs classiques

Croire qu'il est trop tard

C'est l'idée reçue la plus répandue. Un prêt signé il y a dix ans peut voir son assurance emprunteur remplacée demain, sans frais et sans justification à fournir.

Accepter un refus sans le lire

Le refus doit être motivé critère par critère. Dans les faits, beaucoup de refus s'appuient sur des exigences qui ne figuraient pas dans la fiche remise à l'origine.

Répartir la quotité à 50-50 par automatisme

Cela coûte moins cher, et cela laisse le conjoint survivant avec la moitié du prêt sur un seul revenu. La répartition doit suivre les revenus, pas la symétrie.

Déclarer approximativement sa santé ou son métier

Une omission peut entraîner la nullité du contrat au moment du sinistre, c'est-à-dire au pire moment. Mieux vaut une surprime assumée qu'une couverture qui s'effondre.

Notre rôle

Ce que nous faisons, concrètement

Une substitution d'assurance emprunteur se gagne sur la préparation du dossier, pas sur l'insistance.

Nous reprenons la grille de votre banque

Les onze critères qu'elle a retenus figurent dans votre dossier de prêt. Nous construisons la proposition à partir d'eux, ce qui retire au refus son principal argument.

Nous portons les dossiers avec antécédent

Problème de santé, métier à risque, sport : nous cherchons la compagnie qui accepte et nous discutons les exclusions plutôt que de les subir.

Nous suivons la substitution jusqu'à l'avenant

Envoi, relance au dixième jour, réponse argumentée en cas de refus, vérification de l'avenant. Le dossier n'est clos que lorsque l'ancien contrat est résilié.

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Questions fréquentes

Assurance emprunteur, vos questions

Peut-on changer d'assurance emprunteur à tout moment ?
Oui, sans frais et sans attendre de date anniversaire, depuis la loi du 28 février 2022. Cela vaut aussi bien pour un prêt signé le mois dernier que pour un prêt en cours depuis dix ans. La seule condition est que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque.
La banque peut-elle refuser ?
Uniquement pour défaut d'équivalence de garanties, et en motivant son refus par écrit, critère par critère, dans un délai de dix jours ouvrés. Elle ne peut ni facturer de frais, ni exiger des garanties qu'elle n'avait pas demandées à l'origine, ni conditionner son accord à autre chose. Un refus mal motivé se conteste, et il aboutit souvent.
Combien peut-on économiser ?
Cela dépend de votre âge, de votre santé, de votre profession, du capital restant dû et de la durée qui reste. L'écart est généralement le plus important pour les emprunteurs jeunes et en bonne santé, qui financent dans un contrat de groupe la mutualisation avec des profils plus exposés. Le calcul se fait sur votre dossier, pas sur une moyenne.
Le questionnaire de santé est-il toujours obligatoire ?
Non. Il disparaît lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur, tous crédits immobiliers confondus, et que le prêt s'achève avant le 60e anniversaire. Au-delà de ces seuils, il reste exigé, mais le droit à l'oubli s'applique cinq ans après la fin du protocole pour les anciens cancers et l'hépatite C.
Comment répartir la quotité dans un couple ?
Le total doit atteindre au moins 100 %, et peut aller jusqu'à 200 %. Une répartition à 50-50 coûte le moins cher, mais laisse le survivant rembourser la moitié du prêt avec un seul revenu. Quand un des deux revenus porte l'essentiel du foyer, il faut le couvrir davantage, quitte à payer un peu plus.
Faut-il prendre la garantie perte d'emploi ?
Rarement. Elle coûte cher, ne couvre que le licenciement, exclut la démission et la rupture conventionnelle, impose souvent une ancienneté minimale et une franchise longue, et ne prend en charge qu'une partie de l'échéance pendant une durée limitée. Dans la plupart des dossiers, une épargne de précaution équivalente à plusieurs mensualités protège mieux, pour moins cher.

Vous voulez couvrir vos revenus, pas seulement votre prêt ? Voir la prévoyance.

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