Crédit immobilier : ce que la banque regarde, et ce qui se négocie

Sur un crédit immobilier, le taux n'est ni le seul coût, ni le plus négociable. Sur la durée d'un prêt, l'assurance et la structure du dossier pèsent souvent plus lourd que quelques dixièmes de point.

L'essentiel en 30 secondes

  • Deux limites encadrent tout crédit immobilier : un taux d'effort plafonné à 35 % des revenus, assurance comprise, et une durée maximale de 25 ans, portée à 27 ans en cas de différé sur du neuf ou des travaux lourds.
  • Les banques peuvent déroger, mais sur 20 % de leur production seulement, et cette marge est en grande partie réservée à la résidence principale.
  • Le seul chiffre comparable est le taux annuel effectif global, qui regroupe le taux, l'assurance, la garantie et les frais de dossier. Comparer deux taux nus ne veut rien dire.
  • L'assurance se change à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, depuis la loi du 28 février 2022. C'est l'économie la plus facile à aller chercher.
Le vrai sujet

Ce que la banque regarde vraiment dans un dossier

Le taux d'endettement est le critère le plus connu, mais il n'est jamais le seul. Quatre autres éléments décident de l'accord.

Les cinq critères d'un dossier de crédit immobilier
CritèreCe qu'il mesureLe repère
Taux d'effortMensualités de crédits, assurance comprise, rapportées aux revenus nets35 % maximum
DuréeDurée totale de remboursement25 ans, 27 avec différé
ApportCe que vous financez vous-même, frais comprisEnviron 10 % du prix
Reste à vivreCe qui reste chaque mois une fois les charges fixes payéesVariable selon la composition du foyer
Épargne résiduelleCe qu'il vous reste sur les comptes après l'opérationRassure autant que l'apport

Ces limites sont fixées par le Haut Conseil de stabilité financière et s'imposent aux banques depuis 2022. Leur maintien a été confirmé en 2026. Voir la page officielle du HCSF.

L'assurance, le poste que presque personne ne négocie

C'est la partie du dossier sur laquelle il y a le plus à gagner, et celle qu'on signe le plus vite, parce qu'elle arrive à la fin, avec le reste du dossier. Le contrat proposé par la banque est un contrat de groupe : son tarif est mutualisé, donc rarement le plus juste pour un emprunteur jeune et en bonne santé.

Un emprunt de 250 000 € sur 20 ans

  • Contrat de groupe à 0,34 % du capital emprunté : environ 850 € par an.
  • Contrat individuel à 0,10 % : environ 250 € par an.
  • Écart annuel : 600 €.

Sur la durée du prêt, l'écart approche 12 000 €.

Les taux retenus ici sont des ordres de grandeur du marché, ils dépendent de l'âge, de l'état de santé et de la profession. Le point important est ailleurs : le changement se fait à tout moment, sans frais, à condition que les garanties soient équivalentes, y compris sur un prêt déjà en cours depuis des années. Et aucun questionnaire de santé n'est exigé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur et que le prêt s'achève avant votre 60e anniversaire.

Voir le changement d'assurance emprunteur arrow_forward

Amortissable ou in fine ?

Dans un prêt amortissable, chaque mensualité rembourse une part d'intérêts et une part de capital : c'est la formule courante, et celle qui coûte le moins cher au total. Dans un prêt in fine, vous ne payez que les intérêts pendant toute la durée, et le capital est remboursé en une fois à la fin, généralement grâce à un contrat nanti au profit de la banque. Le coût total est plus élevé, mais les intérêts déductibles restent au maximum pendant toute la période, ce qui peut se défendre pour un investissement locatif détenu par un foyer fortement imposé. C'est un montage à chiffrer, jamais à retenir par principe.

Emprunter alors qu'on pourrait payer comptant

La question revient à presque chaque rendez-vous, et la réponse penche presque toujours du côté du crédit immobilier. D'abord parce que les intérêts se déduisent des revenus fonciers en location nue, et du résultat en location meublée au réel. Ensuite parce que l'épargne conservée reste disponible, et peut être placée ailleurs. Enfin parce que l'assurance emprunteur couvre le capital restant dû en cas de décès ou d'invalidité : c'est une protection pour la famille, qui disparaît si vous payez comptant. L'inverse se défend quand le taux d'effort est déjà tendu, ou quand l'âge et l'état de santé rendent l'assurance très coûteuse.

Ce qui se négocie, au-delà du taux

Les indemnités de remboursement anticipé, plafonnées par la loi à six mois d'intérêts sans dépasser 3 % du capital restant dû, et souvent supprimables en cas de revente. La modularité des échéances, qui permet d'augmenter ou de réduire la mensualité selon les années. La transférabilité du prêt sur un futur achat. Les frais de dossier. Et le type de garantie, une caution mutuelle revenant souvent moins cher qu'une hypothèque, avec une partie restituée à la fin. Ce sont des clauses qui ne se voient pas au moment de la signature, et qui se rappellent à vous cinq ans plus tard.

Ce que nous voyons en rendez-vous

Quatre erreurs classiques

Comparer les offres sur le seul taux

Deux banques au même taux peuvent afficher des coûts totaux très différents, une fois l'assurance, la garantie et les frais intégrés. Seul le taux annuel effectif global permet de comparer.

Signer l'assurance de la banque sans la regarder

C'est le réflexe le plus courant, et le plus coûteux. La bonne nouvelle, c'est qu'il se rattrape : le changement est possible à tout moment, même des années après.

Vider son épargne dans l'apport

Un apport élevé rassure, mais une épargne résiduelle nulle inquiète. Et surtout, elle vous laisse sans marge le jour où un imprévu arrive, juste après un achat.

Emprunter sur la durée la plus courte possible

Cela réduit le coût total, mais cela consomme votre taux d'effort et ferme la porte à l'opération suivante. Sur un projet locatif, la durée longue est souvent la bonne décision.

Notre rôle

Ce que nous faisons, concrètement

Nous calculons votre capacité réelle

Taux d'effort, reste à vivre, effet du projet sur vos opérations futures. Savoir ce que vous pouvez emprunter évite de visiter des biens hors d'atteinte, et de passer à côté de ceux qui étaient accessibles.

Nous reprenons l'assurance ligne à ligne

Le courtage en assurance fait partie de nos agréments. Nous comparons les garanties avant les tarifs : une économie obtenue en perdant une couverture n'en est pas une.

Nous coordonnons avec votre courtier

Nous ne remplaçons pas le courtier en crédit, nous nous assurons que le montage retenu serve la stratégie patrimoniale d'ensemble : durée, régime fiscal, forme de détention, protection de la famille.

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Questions fréquentes

Crédit immobilier, vos questions

Quel taux d'endettement maximum pour un crédit immobilier ?
35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise. Le calcul retient l'ensemble de vos mensualités de crédits, auxquelles s'ajoutent selon les établissements le loyer que vous payez et les pensions que vous versez. Les banques disposent d'une marge de dérogation sur 20 % de leur production trimestrielle, mais cette marge est majoritairement réservée à la résidence principale et aux primo-accédants.
Quel apport faut-il prévoir ?
En pratique, la banque attend au minimum de quoi couvrir les frais qu'elle ne finance pas volontiers : les droits d'enregistrement, dits frais de notaire, et les frais de garantie. Cela représente environ 10 % du prix dans l'ancien, nettement moins dans le neuf. Le financement à 100 % existe encore, surtout pour les profils solides et les projets locatifs, mais il se paie par un taux moins avantageux.
Peut-on changer l'assurance de son crédit immobilier ?
Oui, à tout moment, sans frais et sans attendre de date anniversaire, depuis la loi du 28 février 2022. La seule condition est que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque, qui ne peut refuser sur un autre motif. C'est valable pour un prêt souscrit il y a dix ans comme pour un prêt signé le mois dernier.
Peut-on emprunter pour acheter des SCPI ?
Oui, et c'est l'une des façons les plus efficaces de les utiliser : les intérêts d'emprunt viennent en déduction des revenus fonciers, ce qui allège fortement la fiscalité pendant la durée du prêt. Tous les établissements ne financent pas ce type d'opération, et les conditions varient beaucoup d'une banque à l'autre.
Faut-il rembourser son crédit par anticipation ?
Pas systématiquement. La comparaison se fait entre le taux de votre prêt et ce que rapporterait la même somme placée, en tenant compte de l'impôt des deux côtés. Sur un prêt ancien à taux bas adossé à un bien locatif, rembourser fait souvent perdre de la déduction d'intérêts, de la liquidité et la protection de l'assurance, pour un gain limité. Sur un prêt à taux élevé, la réponse s'inverse.
Sur quelle durée emprunter ?
Le réflexe est de viser le plus court, pour payer moins d'intérêts. Sur une résidence principale, cela se défend. Sur un investissement locatif, la durée longue est souvent préférable : la mensualité plus faible se rapproche du loyer perçu, l'effort d'épargne mensuel diminue, et votre taux d'effort reste disponible pour l'opération suivante.

Vous voulez d'abord comparer les façons d'investir ? Voir l'investissement immobilier.

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