Frais de succession : ce que vos héritiers paieront, et comment l'alléger

Chaque enfant reçoit 100 000 € par parent sans payer un euro de droits. Au-delà, le barème grimpe de 5 % à 45 %, et il n'a pas été revalorisé depuis 2011.

L'essentiel en 30 secondes

  • 100 000 € par parent et par enfant passent sans aucun droit. Cet abattement se reconstitue tous les quinze ans.
  • Au-delà, le barème va de 5 % à 45 %. La tranche à 20 % couvre de 15 932 € à 552 324 € : c'est celle qui concerne la grande majorité des successions.
  • Le conjoint marié ne paie rien, ni le partenaire de pacs à condition qu'un testament existe. En union libre, le survivant est taxé à 60 %.
  • Trois leviers réduisent réellement la facture : la donation anticipée, le démembrement de propriété et l'assurance-vie. Tous supposent du temps devant soi.
Le calcul

Comment se calculent les droits de succession

Le calcul se fait héritier par héritier, jamais sur le total de la succession. On retire d'abord l'abattement, puis on applique le barème par tranches sur ce qui reste.

Barème applicable en ligne directe, entre parents et enfants
Part taxable, après abattementTaux
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Barème en vigueur, identique en 2025 et 2026. Source : service-public.fr.

Un exemple chiffré, pour rendre cela concret

Une succession de 600 000 €, deux enfants, aucune donation antérieure

  • Chaque enfant reçoit 300 000 €.
  • On retire l'abattement de 100 000 €, il reste 200 000 € taxables par enfant.
  • Le barème s'applique par tranches sur ces 200 000 €.

Chaque enfant paie environ 38 200 €, soit près de 76 400 € pour la fratrie.

Avec une donation de 100 000 € par parent effectuée quinze ans plus tôt, l'abattement se serait reconstitué : la facture aurait été très nettement inférieure, pour un patrimoine identique.

Un détail que peu de gens connaissent

Ce barème n'a pas été revalorisé depuis 2011, alors que l'inflation cumulée dépasse 25 % sur la période. Comme les prix de l'immobilier ont progressé pendant ce temps, des patrimoines qui échappaient à l'impôt il y a quinze ans sont aujourd'hui taxés. La pression fiscale sur les successions augmente donc chaque année, sans qu'aucune hausse n'ait jamais été votée.

Les solutions

Les quatre leviers qui réduisent réellement la facture

Aucun ne s'active le jour du décès. Tous supposent d'avoir pris de l'avance, parfois de quelques années seulement.

La donation échelonnée

C'est le levier le plus puissant, et le seul qui ne dépende que du temps. L'abattement de 100 000 € se reconstitue tous les quinze ans, par parent et par enfant. Un couple qui commence à cinquante ans peut ainsi transmettre 200 000 € par enfant, puis recommencer.

Le démembrement de propriété

On donne la nue-propriété et on conserve l'usufruit, donc l'usage du bien et ses revenus. Les droits ne portent que sur la nue-propriété, dont la valeur dépend de votre âge. Au décès, l'usufruit s'éteint sans aucun droit supplémentaire.

L'assurance-vie

Les capitaux versés avant 70 ans échappent aux droits de succession, dans la limite d'un abattement propre à chaque bénéficiaire. Encore faut-il que la clause bénéficiaire soit à jour : dans la majorité des contrats que nous relisons, elle est restée celle proposée par défaut.

La société civile familiale

Elle permet de transmettre des parts plutôt que des murs, progressivement, tout en gardant la main sur la gestion. Utile quand le patrimoine immobilier est important ou quand plusieurs enfants doivent se partager un même bien.

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Ce que nous voyons en rendez-vous

Quatre erreurs qui coûtent cher

Attendre d'avoir « le temps d'y penser »

Le délai de quinze ans court à partir de la donation. Chaque année d'attente est une année d'abattement perdue, et elle ne se rattrape jamais.

Oublier la question des liquidités

Les droits se paient dans les six mois, en argent. Un patrimoine surtout immobilier peut obliger les héritiers à vendre dans l'urgence, donc mal, pour payer l'impôt sur ce qu'ils viennent de recevoir.

Laisser la clause bénéficiaire par défaut

« Mon conjoint, à défaut mes enfants » : c'est la formule d'origine de la plupart des contrats. Elle ne correspond presque jamais à la situation familiale réelle vingt ans plus tard.

Donner sans se demander de quoi on aura besoin

Transmettre est utile, se démunir ne l'est pas. Le démembrement et la donation avec réserve existent précisément pour donner sans perdre l'usage ni les revenus.

Notre rôle

Ce que nous faisons, concrètement

Nous chiffrons

Le montant exact que chaque héritier paierait si la succession s'ouvrait demain, et s'il disposera des liquidités pour le régler.

Nous priorisons

Quel levier activer, dans quel ordre et à quelle échéance, selon votre âge, la composition de votre patrimoine et ce dont vous aurez besoin.

Nous coordonnons

Le notaire rédige les actes, c'est son métier. Nous arrivons chez lui avec un plan chiffré plutôt qu'avec une question ouverte, ce qui change tout.

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Savoir ce que votre famille paierait

Réservez un premier échange de 30 minutes. Le chiffrage de votre situation est le point de départ, et c'est souvent lui qui déclenche la décision d'agir.

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Questions fréquentes

Frais de succession, vos questions

Qui paie les droits de succession, et quand ?
Chaque héritier paie sur sa part, et non la succession dans son ensemble. La déclaration doit être déposée dans les six mois suivant le décès, et les droits réglés au même moment. Des délais de paiement, fractionnés ou différés, existent dans certains cas, notamment lorsque la succession comporte surtout de l'immobilier. Ils se demandent, ils ne s'obtiennent pas automatiquement.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits ?
Non. Le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession, quel que soit le montant reçu. Le partenaire de pacs l'est également, à condition qu'un testament le désigne : sans testament, il n'hérite de rien. En union libre, le survivant est considéré comme un étranger à la famille et taxé à 60 %.
Combien de fois peut-on utiliser l'abattement de 100 000 € ?
Autant de fois que le délai le permet. L'abattement se reconstitue intégralement tous les quinze ans, par parent et par enfant. Il s'applique aussi bien aux donations qu'à la succession : ce qui a été donné dans les quinze années précédant le décès s'impute sur l'abattement disponible. C'est toute la logique de la donation échelonnée.
Faut-il payer des droits sur la résidence principale ?
Elle entre dans la succession comme les autres biens, mais avec deux particularités. Sa valeur bénéficie d'un abattement de 20 % si elle est occupée par le conjoint survivant ou par un enfant. Et le conjoint survivant dispose d'un droit d'habitation, qui lui permet d'y rester même si les enfants sont propriétaires d'une partie du bien.
L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?
En principe non, et c'est ce qui en fait un outil de transmission puissant. Les capitaux versés avant 70 ans sont transmis hors succession, avec un abattement propre à chaque bénéficiaire. Après 70 ans, le régime est moins favorable, mais les gains restent exonérés. Le vrai point de vigilance n'est pas fiscal : c'est la rédaction de la clause bénéficiaire.
Peut-on réduire les droits une fois le décès survenu ?
Très peu. Quelques options restent ouvertes pendant le règlement de la succession, comme le choix entre pleine propriété et usufruit pour le conjoint, ou certaines renonciations organisées entre héritiers. Mais l'essentiel des leviers, donation, démembrement, assurance-vie, suppose d'avoir agi du vivant. C'est pour cela que le chiffrage se fait tôt.

Vous venez de recevoir un héritage ? Voir notre accompagnement des héritiers.

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