Protéger son conjoint : ce que la loi prévoit, et ce qu'elle ne prévoit pas
Le conjoint marié ne paie aucun droit de succession. Mais il n'hérite pas de tout : en présence d'enfants, il doit choisir entre un quart en pleine propriété et la totalité en usufruit.
L'essentiel en 30 secondes
- Zéro droit de succession pour le conjoint marié, quel que soit le montant. Le partenaire de pacs aussi, à condition qu'un testament existe : sans testament, il n'hérite de rien.
- Ne pas payer de droits ne veut pas dire tout recevoir. Avec des enfants, le conjoint choisit entre un quart en pleine propriété et l'usufruit de la totalité.
- S'il y a un enfant d'une autre union, le choix disparaît : le conjoint est limité au quart en pleine propriété. C'est le cas le plus risqué, et le plus fréquent en famille recomposée.
- En union libre, le survivant n'hérite de rien et serait taxé à 60 % sur ce qui lui serait légué. C'est la situation la plus exposée qui soit.
Ce que reçoit réellement le conjoint survivant
Sans disposition particulière, la part du conjoint dépend uniquement de la composition de la famille. Beaucoup de couples découvrent ce tableau au plus mauvais moment.
| Situation familiale | Ce que reçoit le conjoint |
|---|---|
| Des enfants, tous communs au couple | Au choix : un quart en pleine propriété, ou l'usufruit de la totalité |
| Au moins un enfant né d'une autre union | Un quart en pleine propriété, sans choix possible |
| Pas d'enfant, les deux parents du défunt vivants | La moitié de la succession |
| Pas d'enfant, un seul parent vivant | Les trois quarts |
| Pas d'enfant ni de parents | La totalité |
Règles issues du Code civil. Source : service-public.fr.
Pleine propriété ou usufruit : le choix qui engage tout
C'est la décision la plus lourde du règlement d'une succession, et elle se prend souvent en quelques minutes, dans un moment de sidération.
Un patrimoine de 500 000 €, deux enfants communs
- Le quart en pleine propriété : le conjoint devient propriétaire de 125 000 € dont il dispose librement. Les enfants se partagent le reste, immédiatement.
- L'usufruit de la totalité : le conjoint conserve l'usage de tout, continue d'habiter le logement et de percevoir les revenus. Les enfants ne récupèrent la pleine propriété qu'à son décès.
L'usufruit protège mieux le niveau de vie. La pleine propriété donne de la liberté.
Le bon choix dépend de l'âge du survivant, de ses revenus propres, de la nature des biens et de la relation avec les enfants. Il se prépare avant, pas le jour venu.
Le régime matrimonial décide avant la succession
Avant même de parler d'héritage, c'est le régime matrimonial qui détermine ce qui appartient à qui. Sous le régime légal, seule la moitié des biens communs entre dans la succession. Une clause de préciput permet au survivant de prélever certains biens avant tout partage, et un changement de régime peut, dans certaines situations, transmettre l'intégralité du patrimoine commun au survivant. Ces ajustements sont souvent plus efficaces que tout ce qu'on peut faire ensuite, et ils sont presque toujours ignorés.
Les quatre outils qui changent la donne
Aucun ne coûte cher. Tous supposent d'avoir été mis en place du vivant des deux époux.
La donation entre époux
Souvent appelée donation au dernier vivant. Elle élargit le choix du survivant, notamment en lui ouvrant l'usufruit total même en présence d'enfants d'une autre union, ce que la loi seule ne permet pas. Quelques centaines d'euros chez le notaire.
Le régime matrimonial
Clause de préciput, communauté aménagée, attribution intégrale au survivant. C'est le levier le plus puissant pour un couple sans enfant d'une autre union, et il agit avant même l'ouverture de la succession.
L'assurance-vie
Elle transmet hors succession, immédiatement et sans droits pour le conjoint. C'est aussi le moyen le plus simple de lui donner des liquidités sans toucher au partage des biens. Encore faut-il que la clause bénéficiaire soit à jour.
Le testament
Indispensable pour un partenaire de pacs, qui n'hérite de rien sans lui. Utile pour un couple marié afin d'attribuer précisément certains biens, dans la limite de la part réservée aux enfants.
Quatre situations à corriger sans attendre
Croire que le mariage protège de tout
Il exonère de droits, ce qui est déjà considérable. Mais il ne garantit pas de recevoir la totalité du patrimoine, ni même de pouvoir rester dans le logement sans l'accord des enfants dans certains montages.
Être pacsé sans testament
Le pacs exonère de droits de succession, mais il ne rend pas héritier. Sans testament, le partenaire survivant ne reçoit rien, et ce sont les enfants, voire les parents du défunt, qui héritent de tout.
Une clause bénéficiaire jamais relue
« Mon conjoint, à défaut mes enfants » : la formule d'origine du contrat. Après un divorce, un remariage ou une recomposition familiale, elle désigne parfois une personne qui n'a plus rien à voir avec la situation.
Une famille recomposée sans aménagement
C'est la configuration la plus exposée. Le conjoint est limité au quart en pleine propriété, et peut se retrouver en indivision sur le logement familial avec les enfants d'un premier lit. La donation entre époux change tout, et elle se signe en une heure.
Ce que nous faisons, concrètement
Nous simulons le pire scénario
Que se passe-t-il, précisément, si l'un de vous disparaît demain ? Qui reçoit quoi, avec quels revenus, et le survivant peut-il rester chez lui ? C'est un exercice désagréable, et c'est le plus utile de tous.
Nous relisons vos contrats
Régime matrimonial, clauses bénéficiaires, prévoyance, contrats de retraite. Dans la majorité des dossiers, au moins un document ne correspond plus à la situation réelle de la famille.
Nous corrigeons avec votre notaire
Donation entre époux, aménagement du régime, testament : c'est lui qui rédige. Nous arrivons avec les arbitrages faits et les montants chiffrés.
Savoir ce qui se passerait vraiment
Réservez un premier échange de 30 minutes. Nous chiffrons la situation du survivant, et nous vous disons ce qu'il faut corriger en priorité.
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Protéger son conjoint, vos questions
Le conjoint peut-il rester dans le logement ?
Faut-il choisir l'usufruit ou la pleine propriété ?
La donation entre époux est-elle vraiment utile si nous sommes mariés ?
Le pacs protège-t-il autant que le mariage ?
Nous vivons ensemble sans être mariés ni pacsés, que se passe-t-il ?
Faut-il changer de régime matrimonial ?
Vous voulez aussi protéger vos enfants ? Voir la page sur les donations.
